Les Calanques

Les Calanques, le bijou naturel de Marseille

Selon une opinion généralement admise, le terme « calanque » serait tiré du provençal « calenco », qui signifie petite crique ou baie surplombée de ravins. Au fil des siècles, par extension, l’intégralité du massif calcaire qui s’étend de Callelongue à Port-Pin est devenue « les calanques ». Les arêtes aiguës de ce chaos rocheux, dont la blancheur hurle sur le bleu de la mer, se jettent à l’assaut du ciel telles des cathédrales gothiques.

Pendant des milliers d’années, les vagues et les tempêtes ont lentement façonné les crêtes et les anfractuosités de ces précipices. Paradisiaques et escarpées, les calanques qui se prolongent de Marseille à Cassis sont inscrites en Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, et souvent inaccessibles en été, à cause du risque d’incendie particulièrement présent les jours de mistral.

Aussi prisées que les plages par les visiteurs, elles marient le plaisir du bain de mer à la contemplation d’un panorama à couper le souffle.

Les calanques offrent un défi aux amoureux de la randonnée avec le GR 98-51 qui s’étend sur 28 kilomètres entre Callelongue et Cassis, dans des paysages d’une stupéfiante beauté.

Il faut compter 12 heures de marche, soit deux jours, pour traverser les criques de la Mounine, de l’Escu, de Cortiou, la plage de Sormiou et les petits ports de Morgiou et Sugiton. Cependant, du 1er juillet à la mi-septembre, l’accès aux calanques est strictement interdit aux véhicules, de même qu’aux VTT et au camping : il ne vous reste donc que la marche à pied pour mériter le droit de contempler ce site magique dans des odeurs de myrte, de genêt et de pin d’Alep. La perspective de piquer une tête dans l’eau émeraude vous encourage à devenir un randonneur émérite.

Attention, il faut être particulièrement bien équipé : chaussures, casquette et eau sont de rigueur pour affronter les contraintes naturelles et s’assurer des horaires autorisés.

La meilleure saison pour les visiter s’étend de mi-septembre à fin juin, où les calanques sont alors de toute beauté. Mais l’approche la plus fascinante reste celle qui s’effectue en bateau depuis Marseille (plusieurs départs par jour depuis le quai des Belges au Vieux-Port) ou depuis Cassis, où ce spectacle grandiose se découvre sous un autre point de vue, lors d’une balade inoubliable.

Une faune et une flore protégées

Cette ancienne vallée fluviale abrite sur ses hauteurs une faune unique, en particulier les oiseaux, comme le faucon pèlerin, le faucon crécerelle et ce couple d’aigles de Bonelli qui, miraculeusement, donne naissance à un petit aiglon chaque année.

Les myriapodes, des mollusques à la coquille épaisse et blanche, y ont élu domicile sous de nombreuses niches calcaires. De même, la lycose de Narbonne, araignée réputée pour sa taille hors normes, est une locataire rarissime du maquis provençal. Couleuvres et lézards, dont le lézard ocellé, vivent en bon voisinage sur les pentes escarpées et arides.

Des conditions d’exposition exceptionnelles et le record d’aridité français expliquent la présence d’une flore insolite dont certaines espèces sont inhabituellement fragiles. Ainsi, l’herbe de Gouffé n’a pas son pareil dans le monde.

En dépit d’une apparence sauvage et nue, les calanques abritent un monde végétal aux espèces très rares, protégées, en voie de disparition : la fougère « scolopendre à feuille triangulaire » ne se rencontre plus sur le territoire français que dans les éboulis et les falaises de Marseilleveyre et des îles. Ce qui explique l’étroite surveillance dont toutes ces richesses naturelles font l’objet : en 1999, le GIP Calanques, Groupement d’Intérêt Public, a été constitué afin de veiller à la protection très stricte de cette terre unique, pour le bonheur de tous, d’autant que les risques d’incendies sont toujours imminents. Un respect qui ne souffre aucun manquement doit être attaché à ce coin de paradis pour sa préservation. Telle est la tâche des années à venir.

Site de promenade et d’escalade

Le massif attire toute l’année de nombreux touristes et randonneurs grâce au vaste choix de sentiers accrochés entre la mer et les reliefs tortueux. Le GR 51 traverse le massif des calanques d’ouest en est. Cet espace préservé à proximité de villes importantes concrétise les problèmes de surfréquentation en milieu naturel fragile. En 2011, l’association Naturoscope organise une trentaine de sorties pour des individuels, au printemps et à l’automne. Ces balades sur le thème de la faune et de la flore du littoral, accessibles en bus depuis le centre de Marseille, permettent de découvrir l’archipel du Frioul et les calanques au départ de Callelongue et de Luminy.

De la calanque de Callelongue jusqu’à Cassis, il faut compter 20 km et 11 heures de marche pour un marcheur confirmé, sur des sentiers, pour faire toutes les calanques. De bonnes chaussures, de l’eau et un kit de survie sont indispensables dès que l’on pénètre dans le massif. Les panneaux d’indication sont rares et seules des marques de peinture, rouges et blanches, typiques des sentiers de grande randonnée, servent de repères. Bien que l’itinéraire ne comporte pas de réelles difficultés, le parcours est jalonné de montées et de descentes et, pour quelques rares secteurs, il faut s’aider de ses mains pour avancer.

Seules les calanques de Callelongue, Sormiou, Morgiou et Sugiton sont habitées et accessibles par la route. Il est également possible, à partir de ces calanques, de rejoindre les transports publics exploités par la Régie des Transports de Marseille (seule la calanque de Callelongue est directement accessible en bus).

En raison des risques d’incendie, l’accès aux massifs sensibles de l’ensemble du département des Bouches-du-Rhône est restreint durant l’été (accès limité en période de forte chaleur, interdiction totale en cas de vent, etc.). Chaque année, un arrêté préfectoral définit la durée et la nature des interdictions, qui sont ensuite modulées jour après jour en fonction des conditions météorologiques. L’information quotidienne est aussi disponible par serveur téléphonique.

En hiver, par contre, l’orientation plein sud de la côte et des reliefs avoisinants permet de se promener et d’escalader en tenue légère dans les nombreux secteurs protégés du vent (faces sud, sentier littoral).

De nombreux sites d’escalade y sont équipés depuis les années 1970 : ces calanques sont l’un des plus beaux massifs de la liste des sites d’escalade en France. Le plus vaste massif calcaire de France à basse altitude offre plus de 100 km de voies. On y trouve des voies intéressantes de toutes difficultés, de une à cinq étoiles. Avec près de 4 000 voies, elles constituent l’un des plus grands sites d’escalade du monde.